mardi 28 décembre 2010

A quoi je pense


Il me demande à quoi je pense.
Qu’est-ce que je pourrais bien lui dire ? Que ça ne le regarde pas. Je lui dis ça. Ça ne le regarde pas, les images de toi qui émergent dans ma tête depuis quelques jours. Je lui dis que ça ne le regarde pas. Il ne voudrait pas savoir ça.

Il trouve que je ne suis pas du matin.
Ça me fait sourire parce que j’ai envie de pleurer. Non je ne suis pas du matin, disons cela. Partager mon réveil, mon silence avec un inconnu... je me rends compte, peut-être un peu tard, que c’est au-dessus de mes forces.

Déjà je ne peux plus faire l’amour.
Ce sont les boucles de tes cheveux qui brûlent mes doigts comme je ne peux pas les toucher. Quand il glisse entre mes cuisses, je ne peux pas ouvrir les yeux et voir un autre que toi me donner un plaisir vidé de son sens.
Je ne sais plus pourquoi je suis là. J’ai hâte de m’enfuir. J’ai des images de toi plein le corps qui viennent pointer le gouffre entre lui et moi. L’indifférence insupportable qui m’étreint après un orgasme qui me laisse creuse comme une poupée inanimée.

La dernière fois que je t’ai vu tu souriais, j’y repense comme à une tarte aux pommes tiède. Avec de la cannelle.
Quand il sourit, mon sang se glace.

Et je sais maintenant ce que tu es venu me dire. Pourquoi tu me tourmentes. Pourquoi tu t'insinues dans mes pensées, dès que je suis avec un autre. Je me fourvoie.

vendredi 3 décembre 2010

Salope

J'ai souvent été une salope. 
Etre une salope, c'est plus ou moins festif selon les époques. 
A 16 ans, quand mes meilleures amies me traitent de salope disons que c'est assez douloureux. Surtout si on ajoute cette blessure à la profonde mortification que je m'inflige déjà pour ce que j'ai fait, qui est bien sûr parfaitement condamnable. C'est un peu la terre qui s'ouvre mes pieds. Et personne pour me rattraper*. 
A 16 ans, penser de soi-même qu'on est une salope, c'est relativement infamant. Lire sur les visages des personnes qui me visitent et compatissent à mon affliction qu'à part eux ils portent le même jugement, ça n'aide pas vraiment à se voir autrement.
Les mots sont toujours les mêmes. Il n'y en a pas 100 pour dire ce que je suis. Salope. Salope. Salope. 
Salope dans ma tête, salope dans le regard haineux de mes amies, salope dans la bouche amusée de ma mère. Toujours, partout la salope. Et les rumeurs qui se propagent au lycée, les potes qui ne me disent plus bonjour sans raison apparente... Infâme petite salope. Jetez-lui donc une pierre. 
Quoi que je fasses, c'est surtout dans ma tête cette étiquette prend toute la place. 
Et arrêter totalement tout commerce avec les ressortissants de la masculinité n'y change rien. Parce que je suis toujours une salope. Sinon je n'aurais pas besoin de me comporter comme une nonne. CQFD.

Dix ans plus tard, c'est plus festif en apparence. Salope c'est la fille délurée qui aime picoler, s'amuser, rigoler, faire admirer ses fesses. Les garçons l'aiment bien, mais pas pour l'épouser. Les filles l'aiment aussi, mais loin de leur mec. Il y'a des mecs qui aiment ça, que je sois une salope. Ils trouvent ça plutôt très bien. C'est les dégâts collatéraux qui leur posent problème. Comme le fait que je sois une petite allumeuse en toutes circonstances et cette impression qu'ils ont que je serais prête à me taper leur meilleur pote si l'occasion se présentait. Les filles ça les amuse aussi, quand elles sont près de moi, elles ont l'impression de pouvoir se délurer à bon compte. C'est le regard de leur copain qui va leur faire prendre leurs distances. 
Plus personne ne me jette des pierres, on loue même mon indépendance d'esprit. Mais je suis toujours une salope, salope, salope. 

Ça fait donc pas mal de temps maintenant, à traîner cette étiquette de salope partout où je vais. A balancer entre la décadence et l'ascèse. A tenter de décoller ce mot de mon front avec le pouce pour le voir se recoller sur mon index. Bim. Salope.

Aujourd'hui... non. Ni dans le bon, ni dans le mauvais sens du terme je ne serai plus une salope. Célibataire, abstinente, à genoux ou en levrette, je me sens affranchie. Tu pourras toujours m'appeler salope, mais en privé s'il te plait. 

*Sauf DameSolN, bienveillamment neutre en toutes circonstances. 

dimanche 21 novembre 2010

C'était dans mon bled, là-bas, à la banlieue

Quand j'étais enfant, j'allais à la bibliothèque municipale le samedi après-midi. On nous donnait un sac en plastique jaune pour y mettre les livres qu'on empruntait parce que sinon, nous les gamins, tête en l'air comme était, on les aurait laissé traîné sous la pluie, forcément. J'arrivais donc à la bibliothèque avec mon sac plastique plein des livres à rendre. L'endroit était petit. Le parquet grinçait, l'air était plein de l'odeur des livres et du bois des casiers à fiches. Je tendais les livres à la bibliothécaire qui était une femme à la voix très douce et qui lisait des contes aux petits le mercredi matin. Parfois je m'excusais d'un retard et je craignais une pénalité mais elle ne me grondait jamais. J'allais choisir d'autres romans, des histoires d'amitié comme on en écrit pour les enfants. La bibliothécaire en prenait la fiche qu'elle datait d'un coup de tampon et je partais en murmurant un merci, au revoir.
En sortant de la bibliothèque, je passais devant la salle de danse. Parfois j'entendais la musique du cours qui se déroulait au même moment. J'imaginais de jolies danseuses filiformes de mon âge alignées devant la barre, face au grand miroir, sautillant sur le parquet brillant. Je pensais souvent que ça devait être bien d’être là. D’être une de ces fille-là. Et jamais je n'ai envisagé une seule seconde que ça fut possible.


Edit [22/11/2010] Melle Jones s'est inspirée de ce texte pour cette illustration dans son Tumblr

jeudi 18 novembre 2010

Si jamais tu me cherches sur Twitter

Ben... tu peux arrêter.
Cette nuit j'arrivais pas à dormir, j'ai bien réfléchi, longtemps... Et j'ai tout cassé. J'ai pris mon compte twitter @melle_sarah et j'ai viré tout le monde. Sauf ceux que je connaissais pour de vrai ou ceux pour qui j'avais une affection particulière (probablement perverse), ce ne fut pas sans quelques cas de conscience. J'ai mis ma vraie tête, mon vrai prénom et hop. Voilà, on est entre soi.
J'ai viré le Facebook Mademoiselle Sarah.
J'ai viré les statistiques de mes blogs.
J'ai viré formspring.
Tout ce qui tournait autour des blogs et qui en fait ne servait pas à grand chose à part me faire reluire l'égo.
Voilà. On va pouvoir faire un peu autre chose. Non parce que bon. Hein ?
Dans deux mois j'ai plus d'assédics, il me faut donc un second job NOW. Je vais utiliser un peu de mes ressources intellectuelles dans ce but.
On est pas perdus pour autant. Les commentaires sont ouverts, ici et sur Les Rêveries (dont j'ai modifié l'URL). Mais à partir de maintenant, c'est chacun pour sa peau.

vendredi 12 novembre 2010

Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse

Le chagrin d’amour m’avait fait croire à un mirage. Bercée par la nostalgie, je croyais avoir changé, être redevenue une jeune fille en fleur attendant l’amour. Entre stimulations auto-érotiques et rêves de prince charmant, parfois le soir, je me caressais en pensant à un sourire croisé dans la journée, une main qui avait effleuré mon genou, un regard complice. Ainsi s’écoulaient mes journées. Ayant terminé ma broderie quotidienne, il m’arrivait d’échanger des missives romantiques avec un jeune homme qui me courtisait chastement. Jamais je n’allais plus loin, soucieuse que j’étais de préserver ma vertu.
Et j’en étais fort aise. Car de la sorte je me prouvais que j’étais bien capable de rentrer dans le rang des filles que les garçons épousent et qu’ils font rougir de leurs mots susurrés à l’oreille en dînant aux chandelles.
Je ne tarderais pas à mesurer l’ampleur de mon fourvoiement.
Car il existe des gens qui savent faire sauter d’un doigt les couvercles des boites de Pandore. Et il suffit d’un message laconique “je m’emmerde, on boit un verre ?” pour que la mécanique s'enclenche.
La déconcertante facilité avec laquelle j’ai répondu oui, moi d’ordinaire si circonspecte à l’égard des inconnus aurait du me mettre la puce à l’oreille. Mais j’ai choisi de me voiler la face. Je n’ai pas pris conscience que j’avais déjà commencé à flirter. Sans rien préciser, il m’a amenée chez lui. Je n’ai rien dit. On a discuté comme si de rien n’était. Surtout moi. Et même s’il n’y a pas 50 façons de conclure un visionnage de porno en mixte, je n’ai pas trouvé d’objection à émettre envers la proposition formulée par mon hôte. Si j'avais vu la paille de l'érection dans l'oeil de mon voisin, je n'avais pas encore aperçu la poutre qui pénétrerait bientôt le mien. 
Il y a des garçons qui savent très bien mener à la baguette une fille comme moi. Quand ils disent suces-moi, je me mets à genoux.
Ou comment réduire à néant des mois de travail, et avec jubilation. Parce que j’ai beau essayer d’élargir mon éventail de compétences, il y a peu de choses que je fasses aussi bien que sucer des bites. Y’a pas de sot métier.
Au temps pour le prince charmant.

samedi 6 novembre 2010

I don't belong here

Avec les potes au QG. On fait rien de plus que d'habitude. On se plaint, on raconte des conneries. Rien de très drôle, ni de très intelligent. On fait passer le temps dans la chaleur qu'on crée pour s'entourer. Et quelques bières. 
Mais pour faire la fête ? Je vais danser ! Personne ne veut venir avec moi ? Non ?  
C'était mon grand projet de la soirée j'avoue. Ça n'arrive pas souvent. Pour moi. Aller danser. Bon. Mais j'y vais. J'ai fait en sorte d’être en forme pour ça. Un dernier shot pour assurer la chauffe. J'arrive, au taquet. Je retrouve d'autres copines. La surprise, c'est qu'elles ont ramené leurs mecs... 
Le videur fait le videur. Vous êtes sur la liste ? Bah euh... je sais, pas... surement ouais... peut-être... Y'a une liste ? Bon, on rentre. C'est joli dedans. La musique est cool. C'est parfait pour moi. Mais les potes sont pas super motivés. Je les comprends, l’ambiance est spéciale. C'est plein de gens qui ont mis leurs plus beaux habits de lumière pour sortir. Ils sont tous très hype ces gens. Ils te regardent un peu de travers quand tu danses à ta façon, en mode on-s'en-bat-les-couilles-on-est-là-pour-s'amuser !!!!! Nan... Ils dansent en tous petits pas... Ils se roulent tous des pelles. Merde, je savais pas qu'il fallait ramener son propre pourvoyeur de roulage de pelles. Les gars sont tous en main ou ont l'air tellement méprisants que t'as même pas envie de leur faire un sourire complice.
Donc, bon, j'aurais fait avec moi, mais les potes ça les refroidit. On se casse donc. Mieux vaut aller faire autre chose que laisser la soirée s'étioler dans la déprime et la haine des autres. Juste parce qu'ils se la pètent un peu... Ok. Bah je vais retrouver les potes du QG...
Au QG c'est la fermeture... les mines sont défaites, y'a des gars relous qui tiennent à peine debout et qui me draguent en... mode... relou. 
Ok, c'est pas grave. J'ai un mojo d'enfer, je pourrais danser toute la nuit, on fait quoi les gars ???? 
On va au.... ?? Ah. Ouais, ce pub à la con donc, où on passe du Britney Spears et de la dance de galérien. Je m'en fous, j'ai un mojo d'enfer, je m'amuserais d'un rien.... 
Y'a les potes qui traînent derrière, à moitié déprimés... ceux qui courent devant, comme si on n'était pas là, nous. Déjà, ils me pourrissent la vibe. 
Le videur débile à l'entrée, j'ai déjà envie de me foutre de sa gueule. Mais je le soupçonne de manquer de sens de l'humour. C'est la deuxième vodka-Redbull de la soirée. 10€ chaque. C'est un petit budget... Surtout si on ajoute ça au reste de la consommation de la soirée. 
Bon, on est là pour quoi en fait ? C'est comment qu'on s'amuse ici ? "Ben... des fois on danse et les mecs s'emmerdent...." Ha. Super. Bon, je vais fumer une clope et voir comment envisager le reste de la soirée. 
On ne s'assoit pas ici ! C'est pour fumer. Ça c'est le videur-130-de-QI qui s'adresse à moi. Ah ? On n'a pas le droit de s'asseoir sur les chaises ? Les chaises qui sont là et qui... ne servent... à rien... Bon. Allez. Voilà, tu as fait pencher la balance mec, je me casse. 
On fait quoi ici ? 
On est là pour quoi ? C'est comment qu'on s'amuse ? 
J'ai pas trouvé. 
Je suis rentrée. Et je ne sais plus qui sont mes potes. Et je ne sais plus comment c'est qu'on s'amuse. 

vendredi 29 octobre 2010

Le choc des images.

Il y a des rencontres qui créent des chocs. C'est le choc de la joie dont je parle. La jubilation de cette rencontre qui se fait dans l'euphorie de se découvrir semblable à un autre. La joie de trouver un compagnon de jeu. La joie de discuter sans fin. Et faire l'amour, bien, mal, avec des ratés mais dans la transcendance, portés par l'euphorie de s’être trouvés. 
Cette joie-là te marque. C'est toute la potentialité d'une relation qui s'y trouve qui te fait retrouver cette euphorie quand tu y repenses. Malgré les échecs, les incompréhensions, les batailles qui ont pu suivre. Et la déception immense.
Peut-être un jour toi aussi tu retomberas sur cette photo, sombre, prise à bout de bras, un peu floue, et tu verras ces sourires lumineux dans la pénombre. Et tu repenseras à la joie que ça été de se rencontrer.
Les larmes que ça provoque, c'est le gouffre de la déception, la douleur de t'avoir perdu.

jeudi 14 octobre 2010

Séance (ou LSD ?)

Images kaléïdoscopiques aux couleurs saturées. Shoot d'adrénaline quand du fond de ma mémoire d'enfant surgit le Grand Imbécile qui danse le singe fou. Fou rire.
Morceaux de rêves d'une poupée noire à tête de tricératops. Comme détacher un morceau de chocolat. Comme une lettre à la poste. Avoir peur de maman.
Surgissement d'émotions refoulées et où l'on rejoue la scène du pénis mis à la porte en concluant sur un sanglot. Crier pour que vienne un Prince Charmant.
Et tout ça en disant Je.

jeudi 7 octobre 2010

Toi tu marches, et l'autre crève.

T'es là peinard, la rupture est arrivée comme ça, toute seule. C'est une évidence et tu traces ta route, respires à pleins poumons et cueilles des fleurs des champs. Et l'autre, celui par lequel tu as été relié un temps comme par un système nerveux commun, il est là, à pisser le sang 100 mètres derrière, au bord du chemin. Et toi tu n'as pas mal. Les muscles de ton corps te portent un pas après l'autre, tu prends plaisir à sentir ton corps se mouvoir dans l'espace et le vent dans tes cheveux. Tu ne sais pas où tu vas mais le chemin est dégagé et ton pas alerte.
Et parfois tu l'entends hurler.
Tu te figes, l'effroi glace ton regard. Quelque part, les morceaux de nerfs qui étaient reliés à l'autre se réveillent et picotent comme un membre fantôme. Un instant, la douleur s'insinue en toi et tu crois perdre ton sang toi aussi. Tu voudrais revenir, comme avant, partager ton sang et tes larmes pour clopiner à nouveau à deux en attendant que les blessures sèchent. Mais les connections n'existent plus. Même si tu voulais, il n'y a plus de transfusion possible. Tu ne sais pas pourquoi ton morceau à toi de cordon ombilical est tombé tout seul en se cicatrisant tandis que le sien pisse le sang et le laisse exangue et souffrant.
Mais c'est arrivé.
Toi tu te souviens bien de ce que ça fait. Cette douleur tu l'as partagée. Là tu ne peux rien y faire.
Tu regardes donc cet autre, que tu as aimé passionnément, par tous les pores de ta peau, quitte à haïr parfois, te crier à la gueule sa douleur et tu te retournes. Tu reprends ta route. Le pas un peu plus lourd, le visage un peu baissé. Jusqu'au prochain croisement. Ou jusqu'au prochain râle.

A une époque t'as compris que va-t-en voulait dire reste là, que je te hais voulais dire je t'aime, qu'il fallait rester là, vivante et indestructible, répondre inlassablement, lui prouver que tu existais. Mais c'était trop tard. Déjà tu ne voulais plus. Tu t'étais déjà usée à essayer d'esquiver les attaques et te blinder en lançant parfois l'offensive. Quand tu as réalisé que ta stratégie était contre-productive, tu n'avais déjà plus les ressources pour continuer le combat. Tu as déposé les armes et tu es partie.

Tu marches tranquillement, tu respires à plein poumons, tu cueilles des fleurs sur le chemin et de temps en temps, tu parles à ton membre fantôme.

samedi 2 octobre 2010

Retour de lose : l'adolescence de la drague


Dans la drague je suis excellemment maladroite, on l'aura noté.

Je parle de drague mais je n'ai pas vraiment de but fixé dans ce domaine en ce moment. En effet, ma relation avec UGTS est décédée et le deuil est en marche. Or, je ne sais pas s'il existe une courbe du deuil de l'amour mais j'en suis présentement à une phase que je peux identifier pour l'avoir déjà vécue : les garçons sont tous sans intérêt, tous moins bien que LUI. Loin de moi donc, l'envie d'aller batifoler dans des draps inconnus en éparpillant des petites culottes aux quatre coins de Paris. 

Le contexte étant précisé, il m'arrive malgré tout de côtoyer des garçons exerçant un attrait de qualité variable sur ma personne et susceptibles de réactiver ma failitude légendaire en matière de drague. Ceci donnant lieu à des scènes plus ou moins cocasses et/ou pathétiques dont je me morfonds souvent encore des mois plus tard.
Et force est de constater que dans ce domaine, je ne progresse pas d'un poil.

Il y a quelques mois, j'ai eu dans ce domaine, la chance de me ridiculiser en public au milieu de la fête d'anniversaire d'Eve Rock'n Roll la bien nommée.
Après avoir été brillamment maquillée par Nahimage et chauffée à blanc par les regards plein d'étoiles de La Peste et Melle Jones, moulée dans ma plus jolie robe spéciale mate-mon-cul-et-mes-hanches-de-reproductrice-médaille-d'or, une bière à la main, j'ai commencé à observer alentour les visages avenants des invités du sexe opposé, en quête de... je ne sais quoi... mais sur un fond de lubricité probablement.
D'un regard circulaire, mes congénères susnommées et moi décidons de décerner la médaille de la sexytude à un homme à dreadlocks assis nonchalamment sur un fauteuil Emmanuelle, le regard sombre, le torse viril, le bras musclé... Cette éprouvante délibération effectuée, nous nous laissons aller au bitchage intensif en petit comité sur le balcon. Quelques temps plus tard... alors que je rentre dans le salon ouvrir ma 37ème bière, l'homme viril en question s'approche de moi et m'aborde sous un prétexte quelconque et les regards des trois grognasses juste derrière lui, derrière la vitre se tournent presque instantanément vers moi, rapidement suivis de signes d'encouragement et de liesse qui me font perdre le peu de self-contrôle qu'il me restait.
Mon narcissisme est à ce moment tellement boursouflé que j'en oublie que la partie n'est pas gagnée et que l'essai demande à être transformé. Aussi, quand l'homme viril, engageant la conversation, me demande quelles sont mes passions, sous la pression, la première idée qui me vient est... le porno.
Ouais. 
Son visage se fige. Je commence à paniquer. Et plutôt que de dévier la conversation sur un terrain plus avantageux (ou au moins plus neutre), je décide d'enfoncer le clou en lui décrivant par le menu tout ce qui m'intéresse là-dedans, en m'étendant largement sur la poésie des pratiques SM (tant qu'à faire). Son visage se décompose à mesure que j'avance dans mon exposé et quand j'arrive à court de mots, lui exprime subitement l'envie irrépressible d'aller faire un autre truc, là-bas, loin.
Sur le balcon, les questions pressentes des blogo-pouffiasses de service se transforment rapidement en hilarité et soupirs consternés.

Quelle est la leçon à tirer de cette histoire (et des milliers d'autres semblables que je pourrais relater avec la même virtuosité) ?

Je suis un jeune adolescent boutonneux en pleine montée d'hormone.
Je ne vois pas d'autre explication. Dès que le moindre désir de rapprochement avec le sexe opposé émerge dans mon cerveau ravagé par la puberté, des phrases pleines de bite/baiser/sodomie/éjac faciale sortent de ma bouche sans le moindre contrôle, au grand désarroi de mes interlocuteurs. Et à ma grande honte. 

C'est un genre de syndrome de la Tourette peut-être... Il n'est pas nécessaire, loin de là, que j'ai effectivement envie d'avoir des relations sexuelles avec un garçon pour que je me vautre dans la drague. Le moindre début d'idée d'un truc qui, une chose en entraînant une autre, pourrait aboutir à un rapprochement physique me pousse à le verbaliser, de préférence de manière très directe et vulgaire, comme une sorte de conjuration obscure, fermant la porte à toute possibilité d'ouverture en termes de séduction ou tout simplement de relation humaine. 
Comme hier soir, lorsque rentrant chez moi passablement ivre, j'ai trouvé pertinent d'envoyer un DM à base de proposition explicite à un de mes contacts qui avait éveillé ma curiosité par le passé. Cette expérience me conduisant à observer que l'équivalent "virtuel" à regard-consterné+prétexte-fallacieux-pour-aller-faire-autre-chose-loin était : l'absence de réponse. 

A quelque chose malheur est bon.

mardi 14 septembre 2010

Djayson et Brenda : guerre de tranchées

Le téléphone sonna une dernière fois dans le vide. Ni Djayson ni Brenda n’auraient abandonné leur poste une seconde.
Depuis trois jours, heures de travail et rendez-vous manqués s’accumulaient sans qu’aucun d’eux n’eût risqué son attention une minute hors du champ de bataille qui les réunissait.
Retranchée derrière le canapé du salon, Brenda scrutait le coin opposé depuis lequel Djayson, assis en tailleur sous le bureau, la tenait en respect, protégé derrière une ligne défensive de morceaux éparpillés de porcelaine de Limoges, vestiges de la dernière offensive menée par son amante. Après deux jours de tirs d’artillerie à base de secrets les plus intimes tournés en dérision et balancés à l’autre avec un mépris féroce, c’est maintenant la guerre de position qui prévaut, et Brenda et Djayson n’ont plus la force ni l’un ni l’autre de tenter une nouvelle incursion, trop affaiblis qu’ils sont tous deux par des hémorragies narcissiques difficiles à contenir en l’absence de corps médical.
Cette troisième journée s’était donc déroulée dans un silence relatif seulement rompu de temps à autres par la sonnerie du téléphone, auquel personne ne répondait.

C’est Brenda qui rompit le statu quo, en rampant vers l’épais tapis situé à égale distance des positions des deux adversaires. Djayson, en alerte, tendit rapidement sa main vers le vase de cristal qu’il tenait en réserve, prêt à le lancer au moindre signe d’agressivité. Mais Brenda était désarmée et, lascive, elle se défaisait lentement de ses vêtements déchirés, dévoilant son corps blessé, sans défense. Comme elle restait là sans bouger, Djayson, sans se départir de la méfiance qu’il entretenait depuis le début de leur guerre passionnelle, finit par s’approcher précautionneusement. Avec une infinie lenteur, il tendit sa main vers le sein de Brenda, qui tressaillit sous la caresse. Rassuré par cette réaction pacifique, il s’enhardit et approcha sa bouche de celle de Brenda, qui enroula aussitôt sa langue autour de la sienne.
Leur union fut fusionnelle. Leurs corps entremêlés semblaient n’en former qu’un. La sueur lavait leur peau du sang qui y avait séché et leurs larmes se mélangeaient, soulageant leurs douleurs partagées. Pendant des heures, leurs orgasmes leur tinrent lieu de transfusion d’ego et c’est apaisés qu’ils se dégagèrent de l’étreinte, s’allongeant côte à côte, prêts à sombrer enfin dans un sommeil salutaire.

Brenda était au bord de l’assoupissement lorsque Djayson laissa échapper sa question. Rouvrant péniblement un oeil, refusant de s’arracher à la promesse d’un repos réparateur, elle marmonna une réponse irréfléchie, une réponse qui fit bondir Djayson. Debout, la dominant de toute sa hauteur, il lui hurla son désaccord avant de lui cracher à la figure. Sortie brutalement de sa torpeur, Brenda dut réagir vite. Agrippant les jambes de Djayson, elle tira d’un coup sec, le faisant chuter violemment sur le sol. Elle se jeta sur lui mais Djayson, ayant retrouvé ses réflexes, bloqua les poings prêts à s’abattre sur son visage.
Tous deux hurlaient des insultes, et ils n’entendirent pas le téléphone qui avait recommencé à sonner.

lundi 13 septembre 2010

Portrait : Salomé

Tu es loin et ton corps m'obsède. J'en ignore tout et pourtant je sais. La douceur de ta joue, le brillant de tes cheveux, la peau lisse de ton ventre et le galbe de tes seins sous ma main. Le bruit de ton rire explose et ton regard trébuche.
Tu es loin et c'est la même torture quand tu es près de moi. Quand tu m'entraînes dans tes danses nocturnes. Je te vois virevolter, insouciante, inconsciente et indifférente aux regards de désirs qui se posent sur toi. Indifférente au désir qui m'étreint, moi, et que je tente de cacher. Qui m'échappe dans un geste incontrôlé, à 5h du matin, après la 17ème bière.
Comme j'ai envie de t'embrasser Salomé.
Et je ne dis rien. Je garde pour moi mes émotions incongrues.
Mais tu es loin et quand je ferme les yeux, c'est ton corps que j'étreins.

mardi 31 août 2010

Séparation des pouvoirs

"On a besoin de prendre un peu de distance et de réfléchir."
Non. Moi j’ai besoin de te parler. Toi, tu veux pas me voir dans les parages parce que tu veux instaurer peinard ton tribunal intime. Tu feras mon procès, tout seul dans ta tête. Tu pourras ressasser à l’envi tout ce qui ne colle pas et les milles et unes raisons pour lesquelles nous ne sommes pas faits l’un pour l’autre. De temps en temps tu enverras par SMS une question biaisée dont j’ignorerai l’origine et le contexte et à laquelle j’aurai mille chances de répondre à côté de la plaque et forcément à charge.
Moi pendant ce temps, je devrai me faire une raison. Essayer de trouver mon équilibre dans l’incertitude. Et quand ce sera fait, tu viendras m’asséner le coup de pelle de ton verdict derrière la nuque.
Alors bien sûr je m’accrocherai et je crierai à l’injustice, à la manipulation, au complot et au coup monté.

Merci mon dieu d’avoir créé le blog pour que je puisse moi aussi exprimer ma mesquinerie. Si notre justice est corrompue, au moins, nous avons la liberté d’expression.

samedi 21 août 2010

Eclaircie

Ces derniers temps, tout était devenu hostile. L’intérieur comme l’extérieur. Mon propre corps.
Depuis plus d’un mois je ne marche plus normalement parce que je me suis blessé le pied, il me faut donc des béquilles. A 28 ans, j’ai l’impression que mon corps n’est plus le même, qu’il n’encaisse plus tous les chocs, que lentement et inexorablement il va se mettre à me lâcher par petits bouts. Cette idée m’angoisse et il me faut du temps pour m’y habituer.

A cause de mon infirmité toute relative, je me suis enfermée lentement, faisant de tout un obstacle insurmontable. Annulé mes vacances, esquivé les sorties, les soirées, les visites... Je restais chez moi, à regarder les heures défiler dans l’ennui. M’enfonçant lentement dans une léthargie dont je ne souhaitais plus sortir.

Et puis chez moi, c’est devenu l’enfer. Deux souris ont débarqué un soir, alors que je végétais chez moi, snobant encore une fois une soirée à laquelle il me semblait trop pénible de me rendre. Et ce fut l’explosion. La panique. Les hurlements. Les pleurs convulsifs. Je suis partie de chez moi au milieu de la nuit et pendant une semaine, je n’ai pas pu dormir dans mon appartement. Jetée dehors, bien obligée d’avancer, je suis enfin partie voir la mer. Et j’ai parlé un peu. Et l’angoisse a pris un visage. Plusieurs, au fil des mots. J’avais encore peur.

Il a bien fallu rentrer. Affronter l’appartement, les obligations pour la rentrée, parler aux gens et travailler un peu. Et la pluie s’est mise à tomber, la température à chuter et l’odeur du mois de septembre envahissait tout comme un brouillard d’angoisse qui me pénétrait progressivement.
Chez moi, j’étais toujours aux aguets, sursautant au moindre bruit, jetant sans arrêts des coups d’oeil au placard maléfique d’où les souris semblaient provenir, me demandant si je saurais rester calme dans le cas d’une nouvelle invasion.

Et puis ma voisine a proposé de m’aider. Je me méfiais d’abord. Et finalement, je l’ai laissée s’introduire. Je l’ai regardée, benoîtement, assise par terre, les doigts pleins de mastic, reboucher patiemment les trous dans le mur. J’ai obéi à ses directives : sortir le frigo, nettoyer les crottes de souris, passer la tête par le placard qui me terrorisait pour vérifier s’il y avait d’autres trous. Je l’écoutais parler et elle me semblait vaguement irréelle, je n’arrivais pas à croire qu’elle était là, à faire ce qu’elle faisait. J’en aurais pleuré de soulagement. La vieille qui me semblait vaguement folle et un peu pénible devenait quelqu’un. Avec une histoire que j’ignorais, des activités qui m’étaient inconnues et des compétences qui étaient en train de me sauver de la folie.
Tout simplement, elle m’a obligée à regarder en face ce qui me faisait peur. Et je l’ai vue affronter cette chose. Et le mur derrière le frigo n’est plus un coin sombre, sale et plein de monstres. C’est un mur dont je connais les recoins, les tuyaux, même derrière les endroits inaccessibles, parce qu’elle m’a obligée à aller voir.

Mon appartement est à nouveau chez moi.
Et ma voisine n’est plus une vieille un peu pénible, c’est devenu quelqu’un.

samedi 14 août 2010

S.O.S.

L'angoisse flotte autour de moi. Elle va et vient et de temps en temps tombe sur mes épaules.
Parfois elle s'accroche aux objets, aux cauchemars, aux souris qui entrent dans ma maison.
Des pleurs et des hurlements dans la nuit.
Quelqu'un à appeler. A l'aide.

Home

Des maisons. Les maisons qu'on apprend à dessiner, petit. Des plans de maisons qu'on invente. Celles qu'on construit sur le tapis pour les Playmobils. Celles en trois dimensions, en Légos ou en rondins de la cabane du forestier. Les maisons des Barbies, installées dans la bibliothèque sous les albums des Schtroumpfs.
Et rêver de maisons. Celle qu'on aura plus tard. Celle qu'on rêverait d'avoir. Celles qu'on croise dans la campagne sur la route des vacances et dont on fantasme les transformations. On fait des plans et des budgets. Et elles disparaissent.
Les maisons des autres, qu'on visite et qu'on réinvente. Qu'aurait-on fait à leur place ?
On passe en revue des centaines, des milliers de maisons. On y installe les copains, la famille, le buffet vintage de mamie, le piano, un amoureux, des animaux. Des enfants ?
Ces maisons-là n'ont jamais ni souris ni cafard.

mardi 27 juillet 2010

On dirait qu'ils n'ont peur que de leur ombre

Il y a des gens qui se laissent tomber. Comme s'ils n'allaient jamais atterrir. Comme si l'impact était pour dans si longtemps que ça n'avait pas d'importance. Parce que dans l'intervalle ils auraient pris tellement de drogues, tellement d'alcool, tellement de coups durs de la vie en pleine figure que plus rien ne comptera.
Ces gens-là me font peur. Je les regarde de loin car je ne sais pas leur parler.
Peut-être que toi tu mets la limite de tes conneries à une gueule de bois le week-end. Peut-être que ta limite c'est d'être capable d'aller bosser le matin. Ou de ne jamais être à découvert, ou de toujours payer ton loyer en temps et en heures, quitte à manger des pâtes tout le reste du mois. Peut-être que tu ne prends jamais de drogue dure. Que tu ne baises jamais sans capote.
Je connais des gens. On dirait que la limite c'est toujours pour après. Demain.
Ils ne se demandent jamais comment ils vont payer leurs impôts, leur loyer, comment ils vont soigner leur jambe cassée, comment ils vont réussir à bosser avec deux heures de sommeil. Ils pensent seulement à quand ils auront leur ligne de coke, où ils boiront leur prochaine pinte, à qui sera la prochaine bouche dans laquelle ils glisseront leur queue.
Ces gens-là me font peur. Ils jouent leur vie comme si tout était égal. Comme s'ils étaient déjà morts. Et je les regarde de loin. Et très souvent, quand personne ne leur parle, quand leur attention n'est pas captée par une lumière, un son, n'importe quoi qui les stimule, c'est la terreur et la mort qui habite leur regard. Ils me font peur ces gens-là. Parce que je me dis, à force de les apercevoir, de loin toujours, qu'il faut avoir vraiment très peur pour courir aussi vite.

mercredi 14 juillet 2010

Je t'aime par égoïsme

Je t’aime parce que j’ai besoin de toi. Je t’aime quand tu me fais oublier le reste. Je t’aime comme j’aime l’alcool et la drogue. Comme j’aime la baise. Comme j’aime la télévision. Comme j’aime internet.

Tu es une drogue. Et mon trip ultime c’est quand allongé sur moi, trempé de sueur, ta main agrippée dans mes cheveux tu soupires “je t’aime” dans mon oreille. C’est un grand shoot dans ma tête. Pour moi t’es une drogue. Et je voudrai te retenir tant que tu délivreras tes effets et tant que tu seras la meilleure came du quartier.

Je t’aime parce que j’ai besoin que tu m’aimes. Parce que j’ai besoin que tu me le dises. Besoin que tu me le fasses sentir. Par tous tes gestes.
Dans ma tête c’est une comédie romantique. Y’a des phrases de sitcoms qui sortent de ma bouche parfois. Parce que j’ai l’esprit aveuglé. Parce qu’il faut que tu m’aimes, comme il me faut mon shoot. Donc je promettrai tout ce que tu veux et j’en serai même persuadée. Mais quand j’aurai mon shoot. Dès que me tu m’auras laissé sentir que oui, tu m’aimes toujours, je m’assoupirai à nouveau dans la douce moiteur de nos sexes l’un dans l’autre.

Tu vois je t’aime. C’est pas que je veuilles prendre soin de toi. C’est que j’ai besoin de toi.

samedi 10 juillet 2010

Sans.

Un jour sans.
Un jour avec un manque. Avec un creux. Manque de désir, manque d'envie, manque d'avis. Aujourd'hui : rien. Et comme la journée avance, je commence à comprendre ce dont j'ai besoin. Quelque chose. Quelqu'un. UN. AUTRE. Un. Qui soit autre. Autre que moi. Etranger. Pour moi. Un autre qui soit tout.
Tu aimerais que je sois capable de changer. Pour toi. Pour l'amour de toi. Mais je fais bien trop de choses pour toi. En fonction de toi. Pour te plaire à toi. Pour que toi, tu m'aimes. Et ça n'est pas ce qu'il me faut. A moi. Je veux changer. Pour moi. Je dois donc le faire, sans toi.
Si tu es là, à attendre quelque chose de moi, je m'occuperai de toi, de ce que je crois être toi, de ce que je crois que tu attends de moi. Donc je dois m'éloigner de toi. Parce que si je sais que tu as raison sur certaines choses, ces choses, je ne peux les analyser que sans toi. Et donc tout ce que tu m'as apporté, prendra sa valeur en dehors de toi. Quand tu seras vraiment loin.
Mais aujourd'hui je ne suis RIEN. Et je touche le fond du problème. Comment peut-on être rien ? Je peux. Je ne suis rien, sans ton regard. Sans UN regard. Sauf que ton regard, à TOI, c'était celui que j'espérais. Sauf qu'un regard, je sais maintenant que ça ne suffit pas.
Et donc je suis là. Et personne ne m'apporte ce qui me manque.
Je traîne et j'attends un autre, dont je sais qu'il ne viendra pas. Qu'il sera toujours ailleurs. Qu'il s'agit d'autre chose.
Et donc je ne t'appellerai pas. Ni TOI. Ni toi... Je rentrerai seule, affronter le vide, le manque, le creux, l'absence, ce quelque chose qui n'est pas là, ce quelqu'un que je devrais cesser d'attendre. Mais je n'en a pas terminé avec lui. Et j'y passerai encore des nuits.

lundi 28 juin 2010

Pourquoi t'es venu alors que tu savais que j'avais envie de te voir ?

Salaud. Pourquoi t'es venu alors que tu savais que j'avais envie de te voir ? Je peux pas. Etre à côté de toi, te parler, te regarder. J'ai envie de m'enfuir en courant. C'est trop violent ce qui se passe dans mon corps. Ca semble clairement intolérable. Je vais partir d'accord ?
M'oblige pas à affronter ça. J'en tremble, tellement c'est difficile, de rester là sans bouger. Tu vois pas que je crève d'envie de me jeter sur toi ? J'ai des impulsions incontrôlables. Tendre ma main, toucher tes cheveux, coller mes jambes contre les tiennes, jeter mon visage sur le tien.
Je me demande un peu ce que ça te fait. Si tu me trouves belle.
Tout ça c'est ta faute. Tu savais que je serai là, t'es venu.
Tu savais que j'en avais envie. Pourquoi tu veux pas prendre la responsabilité de ce qui nous arrive ?

Mais on a parlé.
A côté de toi, nos regards parallèles, c'est déjà plus facile. Si je suis assise là, sans bouger, les mouvements dans mon ventre sont mieux contenus. Et avec la fatigue, tout ça devient plus supportable.
On a arraché nos mots à nos âmes fortifiées, à la nuit et aux bruits, à la Place de Clichy. Et puis il a fallu conclure. Moi j'avais toujours autant envie de toi. Je voulais te ramener chez moi. Tout prendre pour te mettre dans une boîte que je garderais tout le temps près de mon lit. Toi, ta bite, tes yeux et les trucs bizarres dans ta tête que je comprends pas. Tout ce que tu me donnes et ce que tu me refuses aussi. Je voulais de toi.
"Ca va ? - Non ça va pas. Va t'en."
Je rentre seule et la Place de Clichy me harcèle.
"Salut mademoiselle", une main sur ma taille, un type planté face à moi qui refuse de bouger et encore, "Hey Mademoiselle, tu vas où ?" Un moment j'oublie qu'il faut se taire. Baisser les yeux et marcher droit devant. "Hé connasse ! Je peux les faire voler tes lunettes ! Gros cul !"
Salopard. Mais serre les dents. Encore, encore. Marche droit devant. Baisse les yeux.

samedi 26 juin 2010

Séance

- Ca vous manque.
- Ca ? Non. Il me manque. Lui.

lundi 21 juin 2010

xoxo Sarah

Cher toi,
Je vais faire du mieux possible pour me retenir. Pour tenter de dégager dans ma tête ce qui peut t'être utile de ce que j'ai besoin de te dire.
IMBECILE. C'est fini IMBECILE.
Il serait malvenu de te répéter que moi aussi je suis malheureuse.
IMBECILE.
D'ailleurs de ça, tu t'en fiches. C'est pas le propos. Tu as ton propre ogre dévoreur d'âmes au fond du bide. Alors le vague à l'âme que je traîne du matin au soir, à côté, ça paraît bien supportable. D'ailleurs on va pas se mettre à se raconter l'un à l'autre combien on est malheureux à longueur de mails pas vrai ?
C'est fini. IMBECILE.
Qu'est-ce qui pourrait bien t'être utile ? A toi ? Pas de savoir que j'ai envie de te prendre dans mes bras et de te bercer comme un enfant jusqu'à ce que tu t'endormes en tout cas. Qu'est-ce que j'ai bien pu comprendre que tu n'as pas saisi ?
Pas que c'est fini. IMBECILE. Là-dessus, j'ai comme un doute.
Tu vois, je peux pas m'en empêcher, moi, de douter. Pour en arriver toujours à la même conclusion.
IMBECILE.
C'est parce que tu instilles le doute. Parce que j'ai pas de blog secret. Mais que toi oui.
C'est parce que je devrais pas laisser échapper certaines informations. Mais toi oui.
C'est parce que tu voudrais que je tiennes debout plutôt que de faire la cible mouvante. Mais tu bouges. Tu tires de là-bas. Tu envoies des SOS.
Mais c'est fini IMBECILE.
Cher toi, j'arrive pas à savoir trop ce que je voudrais te dire. Y'a une promesse non tenue dans mes yeux depuis toujours. Si tu reviens, j'annule tout.

mercredi 16 juin 2010

Lèche ma chatte, connard.

Les mecs vous m'agressez.
Toi, là. Ton opinion personnelle quant à la valeur de ma plastique, tu peux la garder pour toi. Je crois pas t'avoir sollicité sur la question.
Et toi. Pourquoi tu me racontes ta vie ? Tais-toi juste et bouffe ma chatte. Tes coups de bites m'ennuient déjà suffisamment pour pas avoir à en rajouter avec une logorrhée assommante. Baise. Fais déjà ça. J'ai très peu d'attentes te concernant.
Mais toi putain. Pourquoi tu te barres toi ? T'étais mon seul espoir. La seule bite active dans mon entourage qui soit rattachée à quelque chose qui se rapproche un tant soit peu du concept d'être humain. Tu peux pas t'en empêcher hein ? Dès qu'une jolie fille passe dans le coin il faut que tu tentes ta chance.
Je vous méprise tous.
Tout ce que vous pouvez avoir d'intéressant, vous le retranchez de votre puissance sexuelle. Tous ceux qui restent prêts à lever leur pénis, j'ai envie de leur péter les dents et de leur cracher à la figure.
Je vais retourner dans le gynécée. Là où on est bien. Là où on est toutes belles et drôles et intelligentes et intéressantes et sensibles.
Si tu veux me baiser, tu me trouveras au café avec les gonzesses. Mais steuplé tais-toi.

Maman

Nan maman. J'ai pas envie de te parler. Parce que je sais que tu vas tout entendre. J'aurai pas la force de te dire que ça va. Je sais que ça sonnera faux. Et au lieu de faire comme si, tu vas poser des questions. Je saurai pas quoi te répondre. Qu'est-ce qui va pas ? J'en sais rien qu'est-ce qui va pas moi. Tout. Rien. On s'en fout. J'ai pas envie d'en parler.
Avec une jolie robe et des faux-cils ça va. Donne-moi une bière ou deux, je pèterai le feu. J'ai plein de projets dont je pourrais t'entretenir. Mais non. Toi tu vas vouloir creuser, toi tu vas voir, tu vas entendre. Et je saurai pas quoi dire.
M'en veux pas si je réponds pas au téléphone.

lundi 7 juin 2010

Viens on sort ensemble.

Tu me trouves déjà cool.
Dans les débuts de notre relation, on serait pas encore investis et on parlerait beaucoup de cul. D'ailleurs c'est un peu ça que tu trouves cool chez moi. C'est facile de parler de cul, ça repose un peu, par rapport aux autres filles. Donc tu apprendrais pas mal de choses. Sur mes tendances sexuelles, les mecs qui me plaisent, mes relations passées.
Je te donnerais les grandes lignes.
Et puis on s'attacherait un peu. Ce qui te plaît chez moi, c'est mon côté libre, un peu rock'n'roll, et puis au pieu, ça passe tellement bien... Comme en plus je suis une fille intelligente, tu commencerais à penser que y'a vraiment moyen. De faire quelque chose de bien quoi. Etre un vrai couple. Juste en plus marrant.
Et là, tu poserais plein de questions, forcément, on parlerait beaucoup. Donc, moi, au fil de tes questions, je laisserais échapper d'autres indices et tu poserais plus de questions. Je sais pas cacher, je sais pas mentir, je sais pas sélectionner les informations pertinentes.
Très vite, tu finirais par presque tout savoir. De mes anciens amants, ce que j'aimais chez eux, comment ils me faisaient vibrer au lit. Comment l'acteur me faisait bander avec une phrase, comme le garçon intelligent me faisait jouir en cinq minutes, comment l'anglais était beau comme un dieu... Tous ces mecs donc... avec qui ça n'a pas marché. Le problème, c'est que toi tu retiendrais que l'exergue... Et par comparaison... tu te sentirais un peu naze. Parce que tous ces trucs-là, tu sais pas les faire toi.
Et au bout d'un moment, tu te sentirais vraiment tout petit, tout le temps, et moi... je te dirais tout le temps que je t'aime mais t'y croirais moyen...
Et tu te dirais que pour une fille soumise, je t'ai quand même bien broyé les couilles.
Viens, on sort ensemble. Si t'es cap.

dimanche 6 juin 2010

Ouvrez grand !

Avant ma bouche était souvent ouverte.
Pour sucer ta bite, forcément. L'engloutir du mieux possible, à la mesure du désir que tu provoquais en moi. Je voulais toujours t'avaler complètement. Ta queue, tes doigts, n'importe quoi, pourvu que ce soit toi.
Et quand on s'embrassait. Parce qu'on faisait ça salement, toujours, le plus salement possible, parce que c'était meilleur comme ça. La bouche grande ouverte alors et nos langues en lutte.
Et pour parler. Parler, parler, parler. S'expliquer, se dévoiler, se justifier, s'excuser, s'extasier, se raconter et parfois te dire que je t'aimais. Mais après je me retenais.
Et pour se disputer pas mal. Hurler, un peu. Au milieu de la nuit. Hurler, t'insulter. Et encore ensuite hurler, pleurer. Et tomber de fatigue. C'est épuisant de haïr si fort.

On ne se parle plus.

Et ma bouche est fermée. Elle me fait mal, tellement mes dents sont serrées. J'ai mal quand j'ouvre la bouche le matin quand je me lève. La dentiste me demande si je suis tendue. Je réponds que non, je me sens bien, tu sais madame, il fallait qu'on se sépare, y'avait pas d'autre solution. Et c'est bien comme ça. Mais j'ai pas dû tout prendre en considération.

jeudi 3 juin 2010

Séance

La tour Montparnasse se découpe sur le ciel bleu. Je suis debout. Je la regarde comme un paysage.
La séance d'aujourd'hui était plus longue que d'habitude je crois. Je n'ai parlé que de nous, ou presque. Nous deux et nos fantasmes insensés télescopés. La transparence qu'on désirait.
Et quand je regarde la tour Montparnasse qui se découpe sur le ciel bleu, je nous vois, nous. Main dans la main. Plonger dans la transparence du ciel bleu.
L'ivresse de la chute. La violence de l'atterrissage.
Et les larmes coulent sur mes joues mais je ne me sens pas, mal.
Le ciel est beau derrière la tour Montparnasse. Et j'ai toute la douceur de l'été pour comprendre ce qu'on a fait.

jeudi 27 mai 2010

Je sais pas où tu es

T'es là. Mais tu t'en vas. Tu reviens, souvent.
Mais je sais pas pourquoi. T'aime pas que je te dise que je t'aime.
Tu dis que c'est de ma faute. Parce que j'ai dénaturé le terme. Mais des fois je me dis que c'est juste une excuse. Peut-être que c'est toi qui dénature les termes.
Je sais pas ce que tu penses la plupart du temps, tu dis rien. Pourtant c'est vrai que tu parles beaucoup.
Je voyais pas tout ça avant. Je te voyais pas beaucoup, toi.
Là, en quelques sortes, t'es toujours là.
T'as eu beau gueuler, beaucoup. T'as pas demandé à partir.
Et à revenir non plus. Enfin t'étais pas non plus contre.
Alors je sais jamais où tu te situes et si c'est de ton plein gré.
Et ça a beau entretenir notre passion sur un fil toutes ces hésitations... ça peut pas être comme ça tout le temps.
Et depuis longtemps je rêvasse. A des trucs de midinette, des grandes déclarations et des demandes en mariage. Mais à des trucs tous simples. Je t'aime.
J'ai envie d'être avec toi.
C'est pas comme si on pouvait pas changer d'avis. Je veux juste savoir que tu veux être là. Maintenant. Même si ça se voit un peu. Même si ça suffit pas de le dire.

lundi 17 mai 2010

Y'a des jours comme ça...

...où tu prends conscience de ta connerie.
Que t'as blessé quelqu'un par pur je m'en-foutisme. Que l'anecdote que t'as utilisée pour faire rire des potes deux minutes, ben elle a blessé quelqu'un. Et ça va lui durer plus que deux minutes.
Et si la plupart du temps, t'as l'impression que c'est rien, que c'est juste des détails, là y'a un truc qui fait tilt. Peut-être que t'as fait une victime de plus, une qu'avait pas l'habitude.
Ou que la situation est atypique et que cette fois-ci, tes petits stratagèmes de minimisation ne fonctionnent pas. Donc cette fois, t'as déconné, ça se voit, tu te trouves pas d'excuse facile.
Et t'as juste envie de donner des coups de pied dans les murs et gueulant "Putain !" et "Bordel ! Mais c'est QUOI ton problème ?!"

lundi 26 avril 2010

Téléscopage.

Si on avait 16 ans, tu serais le mec le plus cool de la terre
Et si on avait 16 ans, j'aurais écrit ton nom un million de fois
Je t'observerais dans la cour du lycée, je surveillerais tes amis, j'écouterais ta légende.

Il y aurait cette fille avec qui tu serais sorti un moment. Il paraît. Je la trouverais conne avec mes copines et dans le dedans de moi-même, je me dirais sûrement, qu'elle est plus belle que moi.
Si on avait 16 ans, je serais toute émerveillée que tu m'aies même parlé
Et si on avait 16 ans, de ce moment, je penserais à toi jour et nuit.

On deviendrait amis, je te laisserais me faire essayer les champis, et à 16 ans, probablement que dans les couleurs psychédéliques, tu m'apparaitrais comme un dieu vivant.

Si on avait 16 ans, je rêverais de toi pour ma première fois. Tu l'aurais déjà fait, je me sentirais prête.
Et si on avait 16 ans, je crèverais d'envie de le crier à la terre entière. Que je t'aime, et que tu m'aimes aussi

Si on avait 16 ans, je te ferais des serments qui n'engageraient que toi et ma mère rirait de moi

Je tiendrais mal l'alcool et je me rendrais ridicule. Je te blesserais peut-être, sans faire attention, par inadvertance. A 16 ans, on est parfois inconséquent.

Si on avait 16 ans, probablement tu finirais par me quitter et j'aurais pas les couilles de te retenir. Et ce serait l'été. Alors je m'enfermerais dans ma chambre pour deux mois. Je garderais les photos de toi. Les volets fermés, je me trouverais la dernière des connasses et que j'ai un mauvais fond et que je ferai jamais rien de bien parce que je suis mauvaise à l'intérieur. Pour ça, je couperais mes bras avec des lames
Et je pleurerais tellement

Parfois, je croiserais tes copains et ils auraient toujours l'air de dire que toi, ouais, ça va, ouais. Et alors je t'en voudrais.
Et à la rentrée, j'aurais 17 ans, et pour rien au monde je ne voudrais remettre ça.

samedi 24 avril 2010

Assise au coin de ce bar que je connais par coeur,

je me prends à glisser dans mes chaussures des mois passés... souvenirs

Je ne peux pas dire que je n'aimerais pas jouer un autre rôle. Mais je ne peux pas dire que je fasses non plus beaucoup pour ça. Et comme je donne beaucoup dans ce jeu de la fille salace et accessible, on ne me rend pas énormément, même juste en termes d'orgasme.
C'est vrai que je me piège à mon propre jeu. Comme je mets toutes mes forces à avoir l'air intouchable, certains ne se gênent pas pour frapper fort. Mais je ne rendrai rien. Les bleus je les garde pour moi. Cachés soigneusement sous mes culottes à volants et mes collants colorés.
Et j'apprends à ne m'en prendre qu'à moi-même.
Mais quoi qu'il arrive, je me prendrai encore à cette illusion, qu'au moins au bord de l'orgasme fulgurant, quand cet homme-là est sur le point de perdre sa raison, abîmé entre mes cuisses ; à ce moment, là, il n'y a que moi.
Je suis le bord de son monde et je suis seule. Et de nombreux lendemains me feront déchanter. Mais probablement, je recommencerai.

vendredi 23 avril 2010

Chirurgie

Quand on va pas bien, vraiment pas bien, c'est comme si nos entrailles étaient exposées à l'air libre. La peau qui nous entoure ne fait plus fonction de séparation entre le monde et nous, et d'organisation de ce qui se passe à l'intérieur et à l'extérieur. Tout est mélangé. Et tout est exacerbé. Ce qui se passe en moi, je peux le triturer et je peux te le montrer.
Et quand tu me lis, tu vois les tripes, le sang et la sueur. Et éventuellement, ça te touche, parce que c'est brut et donc c'est violent.
J'avais déchiré ma peau pour vivre autre chose. J'ai perdu du sang, j'ai fouillé à l'intérieur, j'ai absorbé des choses, bonnes et mauvaises. Finalement, ça s'est modifié à l'intérieur et maintenant la peau se referme.
Je suis plus étanche. Y'a moins de choses qui rentrent, y'a moins de choses qui sortent. Et je me demande, du coup, si j'aurais encore longtemps des choses à raconter ici.

jeudi 22 avril 2010

Djayson et Brenda : Les projets de Djayson

Brenda observait Djayson en pleine conversation avec son ami Dylan depuis quelques minutes. Celui-ci s'enquerrait de ses projets à moyen et long terme. Et tandis que Djayson s'abîmait dans les détails techniques de ses projets professionnels (graphiques et statistiques à l'appui), Brenda se recroquevillait lentement et sans ostentation à l'extrémité du canapé.
Djayson, enthousiaste, comme à son habitude, s'animait et décrivait à Dylan, captivé, comment ses projets l'amèneraient à voyager, peut-être à déménager loin, comment ils lui prendraient énormément de temps et comment ces projets étaient prioritaires sur tout autre aspect de sa vie actuelle. L'entourage de Djayson admirait  en règle générale, l'énergie et le dynamisme qu'il déployait à la réalisation des objectifs qu'il se fixait.
Brenda, le nez plongé dans son verre de vin, regardait le visage de Djayson s'éclairer à l'évocation de ses rêves et de toutes ces choses qui lui tenaient tant à coeur et sentait le sien se figer au même rythme.
Et comme son silence, s'étant inhabituellement prolongé, incita Dylan à lui poser la question à son tour, Brenda répondit qu'elle songeait à fonder une famille.
Chacun ses rêves...
Brenda posa son verre et s'excusa, elle était fatiguée.

mercredi 21 avril 2010

L'appel du confort

Ça fait un moment que je lutte. Que j'ai lâché mes fondations pour trouver autre chose.
Plus de travail, plus d'appartement confortable, plus de relation amoureuse stable, plus de belle-mère et de dimanches en famille... C'était salutaire. C'était important. J'ai fait de longs détours pour arriver où je suis maintenant. Dans un petit studio, sans machine à laver, sans vrai lit, sans canapé et sans télé.
Avec des boulots à temps partiel, et durée déterminée, sans perspective d'évolution, sans projet passionnant à investir.
Avec un petit salaire. Sans nouvelles fringues, sans bons restaus, sans investissement électro-ménager.
Avec une relation instable. Sans projection, sans appartement à deux, sans projet de reproduction.
C'était important. De quitter le confort et les sentiers battus, pour explorer d'autres désirs. Mais après avoir quitté la sécurité, je me rends compte que tout n'est pas possible. Que mes chaînes sont aussi intérieures et que je ne serais jamais totalement libre, même si l'étau s'est desserré.
Et je me dis toujours :
Que si j'avais au moins un four, oui je ferais la cuisine
Que si j'avais un portable, je travaillerais mieux
Que si j'avais plus d'argent, je m'inscrirais à un club de sport
Que si j'avais une cour pour ranger mon vélo, je m'en servirais plus
Que si j'avais des projets avec UGTS je serais plus heureuse
Que si j'avais de l'argent, j'irais plus souvent au musée
Mais je me le dis moins qu'avant. Parce que je sais. Je suis comme ça. Sans le décorum, je vois mieux qui je suis et c'est plus difficile de blâmer la conjoncture, le voisin du dessus, ma mère...
Et maintenant, il m'arrive encore de vouloir le confort. Et ça m'effraie un peu. Le confort, j'espère que je l'aurai bientôt. Mais j'espère surtout qu'il ne m'aveuglera pas.

jeudi 15 avril 2010

Aile à l'Aise et Des couleurs.

Ce que je vois produit des choses dans mon corps.
èlèsedé
Je peux faire l'amour avec les couleurs.

Il y a des choses normales. Et d'autres non.                    LSD
Mais qu'est-ce que c'est ? EUPHORIE ! C'est scientifique.


La salle de bain est inhabituellement accueillante. LLLLLLLLLL. J'aime beaucoup les ondulations du tapis. Elle Aise Des. C'est épuisant toutes ces choses drôles à voir.

Mais c'est vrai qu'elles existent, toutes ces choses que tu vois.


Etant donné l'état du monde par ailleurs, c'est extrêmement surprenant que j'arrive à rouler une cigarette.
SSSSSSSSSSS.

Ride the snaaaaake. He's oooooold, and his skin is cooooold.


Je peux aussi faire l'amour avec le mur. Car tous les pores de ma peau sont des vagins. C'est très pratique.
DDDDDDDDDDD. Mes pensées glissent en spirale et je vois l'envers de l'expérience.
Elle èz Dé
Et comme je peux goûter les couleurs, mes pensées sont des images. La musique crée sur la surface interne de mes yeux fermés des scènes de Walt Disney. Beethoven fait danser les petits poneys violets qui se mettent à cracher des plumes en glissant sur des arc-en-ciel roses. C'est du meilleur goût.


Et pour m'endormir, je vais devoir mater le bébé qui dort avec une tronçonneuse. Mais pendant 12h, ça valait le coup. 

dimanche 4 avril 2010

Souvenir à l'approche de la mort

Novembre 2008

Je te hais. Je me hais. Tu me fais mal, je me fais mal. Pour me punir : je me fais du mal. Parce que je le mérite ? Pourquoi ? Je me salis. Princesse Sarah brade son cul dans une grande orgie sacrificielle, elle expie son crime imaginaire. Elle rêve à la reconnaissance suprême, la plénitude de l'amour, sa béatification qui n'arrivera pas. Plus elle lave le sol et moins son esprit est saint. Princesse Sarah à quatre pattes force l'admiration mais elle n'est pas une princesse. La princesse n'est pas à quatre pattes. Elle ne force pas l'admiration mais le respect.

Princesse est pleine de haine. Je suis pleine de haine ? De l'autre ou de moi ?
Je me vois mélodramatiquement découverte dans un bain de sang. Comme c'est romantiquement douloureux !

Je me salis. Il me salis. Je me salis.

Je le hais, je me hais.

C'est une très vivante douleur. Non pas l'anéantissement, l'appel du vide. C'est l'envahissement par une douleur érotique. Il me baise, il me fait mal. Je le baise pour qu'il puisse me faire mal ? Je cherche le réconfort auprès de ceux qui ne veulent pas m'aimer.

Pourquoi les garçons sont méchants avec moi ? Pourquoi est-ce que je ne m'aime pas ?
Pourquoi est-ce que je ne m'aime pas ?


Fuck, fuck, fuck.

Puis-je être agressive avec quelqu'un d'autre que moi-même ?
Arrête, arrête de te blesser. C'est ce que je me dis quand j'y arrive.

lundi 29 mars 2010

Finale du concours BlogExpérience

Décidément, le ouèbe deupoinzéro ne cesse de me surprendre... Contre toute attente, me voici en finale du concours Billets d'Amour avec Dariamarx, Antoine, Dedalus et Le Coucou.

Le choix final appartient au public, vous retrouverez tous les textes en compétition en cliquant sur l'image du concours.

L'enjeu est un contrat d'édition pour un recueil de textes ou un mini-roman avec Numerik:)livres.

Votez ! Donc.

Billets d'amour Sélectionné

Edit : Pour l'occasion, j'ouvre un Tumblr pour regrouper mes textes érotiques. Ca se passe ici.

samedi 27 mars 2010

Jolies images

Je suis une amoureuse ? Non. Plus précisément, je suis un coeur d'artichaut. Une amoureuse des images. C'est un peu différent. Comme je croise le regard d'un garçon, un instant, son image se cristallise et mon coeur manque un battement. Parce qu'à ce moment, là, cette seconde, son visage, ce qu'il vient de dire, le tombé de son pantalon sur ses jolies baskets, ce qu'il m'a dit hier de son rapport à sa mère et qui a laissé dans mon esprit un sédiment sur lequel viennent se poser les impressions du jour, tout cela, et d'autres choses encore, forment un tableau parfait. Un portrait charmant. Et de ce moment, je ne le vois plus, lui, ses errements, ses doutes, ses défauts et ses failles. Je vois l'image qui s'est imprimée à ce moment T.



Et cette image masquera tout de ses errements, de ses doutes, de ses défauts et de ses failles, jusqu'à ce qu'un jour, à un moment T, il dise ou fasse quelque chose, qui malgré toutes les manipulations mentales possibles, ne pourra que sortir du cadre de ma jolie photo intime. Mon coeur manquera alors un battement. Et le charme sera à jamais rompu.

Je serais déçue, de lui, de moi. Je ne verrais plus alors qu'un banal être humain, tombé de son piédestal. Une masse de chair humaine, avec cheveux et poils. Une névrose ambulante. Un sexe en érection qui pourrait bien pénétrer n'importe qui. Je verrais n'importe qui disant n'importe quoi. Et le vide s'emparera à nouveau de moi.

De ces jolies images, j'en ai collectionné beaucoup. Et ma mère se moquait de moi. Toutes les deux semaines, je rentrait de l'école avec un nouveau coup de coeur. Sans trop m'en rendre compte, jusqu'à mes 16 ans. Où j'ai croisé Jérôme. Dans le garage d'un copain. Ce soir-là, on fumait nos premiers joints, on buvait nos premières bières, on rencontrait des inconnus, pour la première fois. Des gens qui ne venaient pas de notre lycée, habitaient d'autres bleds, traînaient dans d'autres parcs. 

Jérôme, je ne lui ai pas parlé de la soirée. Je le regardais du coin de l'oeil, un frisson érotique dans le creux du ventre. Tout ce que j'ai su de lui, je l'ai appris après. 
Jérôme de Groslay et son T-shirt du Hard Rock Café de Bangkok. "Bangkok, Thaïlande". Jérôme aux cheveux longs et lisses. Son mètre 86, guitare électrique sur les genoux. Jérôme qui parle peu et aime pêcher, un pack de bières à portée de main. 

Du moment où je l'ai croisé, je n'ai plus pensé qu'à lui. Et puis le miracle. Le lundi au lycée. "Jérôme m'a demandé si je pouvais lui donner ton numéro de téléphone". Un ange s'était penché sur mon cas. Probablement. C'était une coïncidence incroyable. Quelque chose qui ne pouvait sûrement pas m'arriver. A moi. Moi, la moche, cheveux hirsutes et démarche gauche. Moi qui parle trop fort, ou pas assez. Moi, qui ne sait rien faire et qui ne sait rien dire. On m'a donné sa photo. De ce moment, elle ne m'a plus quittée. 

Il fallait prendre le train pour aller voir Jérôme. On a passé l'après-midi ensemble. A discuter dans sa chambre. Au milieu des posters de Pink Floyd et ACDC. A écouter Sweet Smoke et fumer des cigarettes. Et c'était bien. Il m'a raccompagnée à la gare. On a rien dit de tout le chemin. Nos deux corps à une distance soigneusement calculée. La tension était palpable. Et puis en arrivant sur le quai : "Je sais que c'est con de dire ça mais... tu veux sortir avec moi ?" Je me suis haussée sur la pointe des pieds, il s'est plié en deux. On s'est embrassés. Et c'était bien. 

Et puis c'est tout. Le reste, n'est que l'histoire de comment les doigts de Jérôme m'ont initiée au plaisir charnel et comment je n'ai jamais rencontré Jérôme. En fait. Entre nous, rien. Nos langues, nos doigts, diverses sécrétions corporelles. Mais plus rien. Et moi, toujours obsédée par son image. La photo que je traînais partout avec moi. Comment je ne pensais qu'à lui. Partout. Tout le temps. Un 0 en littérature pour cause de hors-sujet. Des coups de fil et une lettre de vacances. "Tu vois il y a plein de bonnes meufs ici mais j'ai même pas envie de serrer. Je pense à toi." 

Et la rentrée. Comment il s'est rasé la tête. Comment il a découvert le rap. Comment il a changé d'image, et perdu toute qualité. 
Et il m'a rendu mon disque des Béru. Et on ne s'est plus revu. Et pourtant il est resté dans ma tête. Pendant très très longtemps. Jérôme de Groslay et son T-shirt du Hard Rock Café de Bangkok. Ses cheveux longs et lisses. Son mètre 86 et sa guitare électrique.  

lundi 15 mars 2010

En cas de danger : plonge et couvre toi !

Etre célibataire à Paris, nous l'avons vu, ça n'est pas reposant, c'est plein de risques en tous genres (et je ne parle pas spécifiquement de MST) et ça n'est même pas forcément toujours marrant. Ceci, Mademoiselle Sarah a pu l'explorer, en pleurer et le raconter, histoire de se faire plaindre de faire bénéficier l'inter-ouèbe mondial des fruits de son expérience.

Après avoir trouvé bien pratique d'évoluer dans un vivier inépuisable de potentiels plans culs. Avoir profité à fond des bars du quartier. Avoir choisi mes cibles sur Adope Un Mec selon un critère géographique très strict (moins de 2 km autour de mon domicile : plus pratique pour rentrer à pied au milieu de la nuit le cas échéant). Bref, avoir exploité à fond la promiscuité parisienne, Mademoiselle Sarah, ex-célibataire se retrouve à devoir assumer une sorte de retour de bâton cosmique...

En effet, être passé du statut de célibataire en chien ouverte à toute proposition à celui de Sainte Nitouche jeune femme rangée, n'a pas fait disparaître tous les plan culs occasionnels ou réguliers et autres sortes d'ex en tous genres qui ont été semés ici et là (mais surtout là).

Cependant, forte d'une inconscience à toute épreuve, j'ai continué à vivre ma vie, insouciante et toute de vieux pantalon en velours côtelé trop grand vêtue... C'est ainsi qu'un beau jour, ce qui devait arriver arriva... J'avais la classe internationale, j'étais au top de ma forme, en bonne santé et sûre de moi (comprenez en habit du dimanche et en mode gueule de bois) quand au détour d'un rayon du Monoprix m'est subitement apparu... le garçon intelligent.

Evidemment, avec la distinction et l'assurance naturelle qui me caractérisent, j'ai fait la seule chose permise : fuir.

Vas-y tu peux rigoler.

Leçon de la lose

C'était vraiment débile.

jeudi 4 mars 2010

Sinon je vous ai dit qu'il fallait aller lire la prose de DariaMarx ?


Il y en a une partie sur mes nichons, la suite se trouve ici : dariamarx.tumblr.com

dimanche 28 février 2010

Mais qu'est-ce que tu écris dans ton petit carnet, toi ?

Vraiment c'est drôle. De te voir jouer avec tous ces gens que je ne connais pas. Jouer, vous écouter, vous ajuster. Ils se calent sur ton rythme, ou toi sur le leur. Mais moi.
Vraiment c'est drôle. Je ne vois que les boucles de tes cheveux, collés de sueur sur tes tempes. Tes doigts qui bougent en rythme sur les cordes. Ah ah. Ils ne savent pas, eux, ce que tu fais avec ! Tu te tiens là, debout. Je te vois couché et nu. Vraiment c'est fou, qu'ils ne voient pas comme tu respires le sexe.
Ta bouche sur ton saxe. Non vraiment. Comme tu suces mes doigts. Tes baguettes claquent sur la batterie. Ah ah. Personne ne t'as jamais vu faire claquer mes fesses du plat de ta main. C'est fou.
Avec un papier et un crayon. Moi. Une bière dans la main gauche. Je reste coite. Personne ne me voit, moi. En collants rouges. Immobile et muette. A genou, ta bite dans ma bouche. Jusqu'au fond de ma gorge irritée par la fumée des cigarettes dans le studio hermétique. Avaler tout.
C'est drôle de te voir. Assis, droit derrière la batterie. Allongé sur moi, trempé de sueur et cracher dans ma bouche.

samedi 27 février 2010

Histoires d'amour

Merci à tous ceux qui m'ont aidée à choisir les textes que j'allais proposer à See Mee pour son concours de billets d'amour sur BlogExperience. J'ai suivi votre choix et j'ai donc sélectionné Silence (11.12.2009) et Moi. Et.
Je voulais écrire un texte pour l'occasion mais il y a des fois où je n'arrive pas à écrire sur commande et en ce moment, le sujet de l'amour est bien trop complexe à aborder pour moi. Je n'ai pas réussi à trouver le fil pour écrire. J'ai donc décidé de soumettre le texte publié pour le concours Néoplaisir. Je l'ai intitulé Sucré / Salé et il est consultable ici.
Merci à vous. Et rendez-vous chez See Mee pour parcourir les contributions et les résultats de l'expérience.

dimanche 14 février 2010

Mademoiselle Sarah socialise

Twitter a changé ma vie il faut bien le dire. J'y perd beaucoup de temps. Je parle à des gens, je forme des réseaux autour de moi. Sensation étrange et pénétrante, je ne suis plus une Mademoiselle Sarah perdue, seule au milieu d'autres blogs, sans lien ou presque les uns avec les autres.

J'ai même rencontré certains en vrai... Oui, après des mois de drague par commentaires interposés puis sur Twitter, la rencontre Melle Sarah / Melle Jones a finalement eu lieu. Je sais c'est fou. Et c'était aussi bien que tu l'espérais.

J'ai rencontré plein d'autres personnes, blogueurs ou non, presque à chaque fois des bonnes surprises.

Et Twitter, en cultivant le lien, a aussi été l'occasion d'aller proposer des lignes ailleurs, par le biais de concours, d'abord des cochonneries pour Secondsexe, puis des cochonneries amoureuses sur Neoplaisir. Je crois que j'y ai pris goût. Cette fois, on va parler d'amour, juste d'amour.

EDIT : Je découvre à l'instant que j'ai gagné le deuxième prix (ouais encore...). Je vais me la donner les mec !

C'est sur En Attendant BlogExpérience, que ça se passe. Où See Mee, obsédée depuis quelques temps par le traitement de l'amour sur les blogs, organise un concours pour la Saint-Valentin. Evidemment, je me sens concernée, donc j'ai envie de participer.

  • Billets d'amour Candidat
Et là, je m'aperçois que si le titre de mon blog évoque explicitement l'amour, je n'avais jamais réalisé que oui, je parle quand même pas mal d'amour ici, et pourtant, je n'ai même pas de libellé à ce sujet. C'est l'occasion d'en créer un. Sauras-tu le retrouver ?

J'ai donc recensé 7 billets concernant de près ou de loin le sentiment amoureux. Or, See Mee nous en demande trois. Tu vois le problème ? D'autant que j'avais envie d'écrire un post spécialement pour l'occasion. Si je trouve l'inspiration pour ça, je ne pourrais plus exhumer que deux autres billets. Mais j'ai du mal à faire un choix. Alors je vais faire comme les blogueurs communicants et te proposer de voter pour ton ou tes billets préférés.

EDIT : Voici les liens des 7 articles en question : Tu l'entends mon silence ?, Drame sentimental, Silence (11.12.09), Moi. Et, Silence (21.10.09), Aime, Silence (31.08.09).

J'en reviens pas d'être là à te tutoyer lecteur... Je m'étais pourtant jurée ! Enfin bon tant pis, c'est ça d'être en lien... Donc, pour voter, c'est dans l'encart à droite, jusqu'au 26/02 22h00. Steuplé, steuplé, steupé.
Pis si t'as des suggestions pour l'écriture de mon billet spécial exprès pour See Mee, tu peux les mettre en commentaire. Je t'aime. Nan je... tu me plais bien. Enfin je t'apprécie énormément, lecteur.

xoxo
Melle Sarah

mardi 9 février 2010

Tu l'entends mon silence ?

Encore une fois. La rage, la colère se sont dissoutes dans la tristesse et le désarroi. La tristesse c'est pas un bon mot pour décrire ce désespoir bouillonnant qui m'anime. Désarroi, pour le moins. Je tourne en rond dans quelques mètres carrés. Debout devant le radiateur. Assise devant l'ordinateur. Allongée sur le lit. Et encore debout. Et j'ai envie de tout casser. Le radiateur. L'ordinateur. Le lit. Et puis non. Je tourne encore en rond. Dans ma tête c'est pareil. Je passe d'une position à l'autre. Mais c'est jamais bien. Et j'ai envie de tout casser dedans.
Et je sais qu'il n'y a rien. Rien que je puisse faire pour que ça passe. Je sais que ça va durer. Longtemps. Je peux essayer. De prendre un peu de chaleur, contre le radiateur. D'aller lire des trucs, sur l'ordinateur. De me masturber, allongée sur le lit. Y'a rien qui marche. Ca tourne encore. Encore. Ca s'arrêtera pas. Et j'ai envie de tout casser. Dedans. Dehors.
Des larmes. De temps en temps. Juste quelques larmes. C'est tout ce que j'ai pour évacuer un tout petit peu de cette pression à l'intérieur. Mais ça sort même pas vraiment. Et pis de toutes manières ça sert à rien. Et j'ai même pas envie. De vivre encore ça. Les pleurs convulsifs pendant des heures. Les exercices de respiration pour essayer de contrôler. Et puis ça marche jamais. Ca revient. Encore. Encore. Je marche. Et puis je hurle silencieusement. Des larmes qui coulent. Mais dans ma tête elles jaillissent. Elles arrosent les murs. Elle mouillent tout autour, tout ce que je ne casse pas. Et puis j'en veux même pas de tout ça. Je voudrais que ça cesse. Mais vraiment. Définitivement. Mais même après des pintes. Même dans mon sommeil. Et même demain matin. Ca sera encore comme ça. Je serais encore comme moi. Et lui sera toujours comme lui.
Et y'a rien qu'on puisse faire contre ça. Et avec la meilleure volonté du monde. On change pas les gens. On peut le vouloir. On peut essayer. Marteler. Gesticuler. C'est juste du temps perdu. C'est se faire du mal pour rien de vouloir casser des murs avec ses poings. Faut croire qu'on est trop cons parce que pour n'importe qui ce serait évident. Que c'est perdu d'avance. Mais nous on est trop cons. Ou aveugles. Au final c'est pareil. On fait des crash-tests avec nos corps. On fonce droit l'un sur l'autre avec l'énergie du désespoir. Pis on s'étonne de se faire mal. Je sais pas ce qu'on attend. Pour s'avouer vaincus. On devrait se le dire. Que ça sert à rien. Que c'est pas en se jetant l'un sur l'autre qu'on fait l'amour.
Mais c'est comme une course à la mort. Le premier qui dit stoppe passe pour une poule mouillée. Et on sera satisfait que quand on sera suffisamment abimés tous les deux pour plus bouger. Et on est vraiment trop cons. Et on se regarde comme ça avec nos couteaux à la place des mains. A chaque fois étonnés de pas réussir à se caresser.
Mais putain ça devrait s'emboîter. Bah ouais mais ça veut pas. Alors j'aurais beau gueuler dans ma tête que c'est vraiment dégueulasse et que ça devrait pas être comme ça. Ben c'est sûr que ça servira à rien. Et alors pourquoi on peut pas arrêter ? Pourquoi je tourne encore en rond. Pourquoi ça bouillonne dans ma tête. Y'a rien de bon qui sort de tout ça. Mais ça s'arrête pas. Jamais.

vendredi 29 janvier 2010

Djayson et Brenda : Drame sentimental

Djayson levait les yeux au ciel pour la troisième fois de la soirée. Brenda venait de remettre ça. Après avoir menacé en vain de mettre fin à ses jours en avalant la boîte d'Advil, voilà maintenant qu'elle attrapait le couteau à beurre et le brandissait dans sa direction. Malheureusement sans grande conviction. 

Exaspérée par son air blasé, elle tentait de le faire réagir en prétendant vouloir le tuer.
"Si tu ne peux pas m'aimer, je préfère te voir crever !" 

Pathétique tentation mélodramatique, pour Djayson, affichant ostensiblement sa narquoiserie, tout ceci était une comédie ridicule. 
Brenda, acculée par l'absence de réaction de son particulier partenaire, contrainte à l'abdication, jeta le couteau à beurre et se replia derrière la table en formica. 
Elle aurait voulu pleurer, histoire de marquer le coup mais ça ne venait pas. Ultime ressource, elle se mit à bouder.

De son côté, Djayson, qui ne voyait vraiment pas ce qui valait la peine de jouer une telle scène du 2, continuait de maquiller son visage d'une implacable impassibilité. Il avait pourtant vendu la Ferrari, n'était-ce pas une assez grande preuve d'attachement ? Pourquoi tout ce branle-bas de combat ? Juste pour un "je t'aime". Son incompréhension était totale et en passe de virer au mépris.

Brenda aurait donné ses plus belles robes à strass pour être un peu plus folle. Capable, au moins, de casser le cendrier en cristal. Ou peut-être, de crier un peu plus fort, d'arracher ses vêtements, de griffer son visage, de se jeter sous un train. N'importe quoi qui aurait pu faire comprendre à Djayson la profondeur de son désarroi. Au lieu de ça, elle avait lâché le couteau à beurre et, d'avoir abandonné si vite son entreprise destructrice, n'en devenait aux yeux de Djayson que plus pathétique et méprisable.

De rage, elle sortit de la cuisine, en fermant soigneusement la porte derrière elle. 

dimanche 24 janvier 2010

Tu voulais voir ma tête ?

Tu vas enfin pouvoir assouvir ta curiosité. Nan j'déconne.

Melle Jones, exploratrice renommée de la Jungle 2.0, m'a fait le plaisir de peindre mon portrait. Aucun détail n'a été oublié : de mes chaussures dorées-adorées à ma croupe généreuse, en passant par mon opulente poitrine et ma passion freudienne (une erreur s'est glissée dans ce portrait...).




Je la remercie chaleureusement et vous invite à aller faire un tour sur son blog : L'observation-participante si vous ne l'avez pas encore fait. Vous trouverez également une petite interview d'elle sur Blogexperience, dont je vous recommande également la fréquentation.

Bon dimanche.

lundi 18 janvier 2010

Interlude

Tu dis que tu aimes la pluie
Mais tu fermes la fenêtre
Tu dis que tu aimes les poissons
Tu les pêches et tu les manges
Tu dis que tu aimes les fleurs
Mais tu leur coupes la queue

Alors, quand tu dis que tu m'aimes
J'ai un peu peur


Souvenir de ma lointaine école... résonne étrangement à mes oreilles. 

Si quelqu'un connaît le texte exact et/ou l'auteur. Ce serait urbain de votre part d'éclairer ma lanterne.